Journal

Un avis HAS n’est pas un communiqué de lancement

Quand la Haute Autorité publie, les équipes communication veulent souvent « dire quelque chose le jour même ». Le jour même, le texte n’est pas encore lu.

Stéthoscope et tablette près d’un dossier médical

La publication d’un avis, d’une recommandation ou d’une fiche de bon usage déclenche, dans plusieurs laboratoires, un réflexe de fil Slack. Le réflexe n’est pas illégitime : les journalistes de la presse professionnelle, eux, ont déjà ouvert le PDF. Encore faut-il savoir ce que l’on a le droit de commenter, et ce qui n’est qu’une lecture interne.

Nous tenons, dans la veille du jeudi, une rubrique courte : « ce qui est public / ce qui reste une interprétation ». Cette distinction évite les phrases du type « la HAS confirme notre stratégie », qui ne figurent nulle part dans l’avis et qui exposent inutilement le porte-parole.

Un calendrier de communication sérieux prévoit, avant la date pressentie, deux versions : une phrase de prudence si l’avis est défavorable ou conditionnel, et un dispositif de questions-réponses pour les délégués et le service info médicale. Rédiger cela le soir de la publication, c’est accepter les approximations.

Les associations de patients, de leur côté, commentent souvent plus vite que l’industriel. Ce n’est pas un défaut ; c’est leur mandat. Une équipe communication qui n’a pas lu les communiqués d’associations dans les quarante-huit heures se retrouve à répondre à des formulations qu’elle n’a pas vues venir.

La note de cadrage que nous rédigeons avant une date HAS n’ invente pas le message. Elle dresse la liste de ce qui est déjà dit dans l’espace public, pour que le comité du lundi suivant ne reparte pas de zéro.