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Affichage en officine : trois affiches, une file d’attente

Le comptoir reste un lieu de lecture contrainte. Les campagnes de vaccination qui l’oublient perdent le regard avant d’avoir posé la question du rappel.

Rayon de pharmacie avec boîtes de médicaments

En octobre, une officine de banlieue parisienne affiche souvent, dans le même mètre carré, une campagne nationale de vaccination, une affiche de laboratoire sur un dispositif d’observance, et un flyer d’association locale. Le patient qui attend sa préparation n’a pas choisi ce corpus. Il le subit, dans un bruit de tiroir-caisse et de conversations.

Les campagnes que nous relisons pour les réseaux d’officines pèchent rarement par manque de charte graphique. Elles pèchent par empilement. Le pharmacien n’a pas le temps de faire le tri ; l’affiche la plus saturée de pictogrammes est rarement celle qu’il pose en premier, contrairement à ce que croient les briefs.

Un responsable de groupement nous a décrit sa règle, peu glamour : une affiche par saison, un format A3, un seul numéro de téléphone, et le reste en tiroir pour les questions. Cette discipline n’est pas une doctrine nationale. Elle explique pourtant pourquoi certaines campagnes « officielles » circulent mieux dans les officines rurales que les kits trop riches envoyés en septembre.

L’information patient en pharmacie n’est pas un sous-chapitre du marketing santé : c’est une contrainte d’espace, de temps et de responsabilité professionnelle. Une veille qui se contente de recenser les campagnes TV rate ce que le patient voit réellement entre deux ordonnances.

Nous conseillons, dans les ateliers, de photographier le comptoir un mardi matin, pas le showroom de l’agence. La photo est souvent moins flatteuse. Elle est plus utile pour décider ce qui reste sur la vitre.