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Lire la presse professionnelle un lundi matin, sans tout photocopier

La revue de presse interne qui colle quinze articles bout à bout n’aide personne. Une lecture utile tranche, date et situe.

Une pile de journaux du matin

Beaucoup de directions communication santé reçoivent encore, le lundi, un fichier de coupures. Le fichier a le mérite d’exister. Il a le défaut de tout mettre au même niveau : une rumeur de rachat, un avis de bon usage, une tribune d’un chef de service, une publicité concurrente mal recadrée.

Notre briefing du jeudi n’est pas plus « complet ». Il est plus cruel : trois sujets retenus, un sujet écarté avec une phrase d’explication, et une question pour l’appel du vendredi. Les lecteurs pressés, et ils le sont tous, savent où poser l’œil.

La presse professionnelle française — APM, Quotidien du Médecin, Moniteur des pharmacies, Décision Santé — ne se lit pas comme un flux d’alertes. Chaque titre a sa rhétorique, ses sources habituelles, ses silences. Une veille qui ignore ces habitudes attribue à « le marché » ce qui n’est que le style d’une rédaction.

Nous formons les stagiaires à annoter la source avant le résumé. « Selon telle dépêche, tel syndicat affirme » n’est pas une précaution de style ; c’est la seule manière de ne pas transformer une déclaration en fait établi dans un briefing destiné à un COMEX.

Ceux qui nous demandent « plus de volume » reçoivent, une fois, un dossier brut de vingt pages. Ils reviennent ensuite au format de quatre pages. La conversation est alors plus honnête : ce qu’ils voulaient, c’était moins d’angoisse du lundi, pas plus de papier.